le Foulard de sang
auteur : Jean-Louis Foncine / illustrateur : Pierre Joubert
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A propos du "Foulard"
Présentation de ces pages

Le contenu du livre
La création (1935)
La création (1939)
Le pavillon de chasse
le combat (1939)
L'ordre (1940)
La Tradition (1943)
Le sacrifice (1944)
La postérité (1976)

Des photos
La tradition (1943)


La scène se passe dans un cimetierre militaire de 1914/18... ainsi pourrait-on commencer ! Avec trois acteur principaux, Xavier, le chef, 15 ans, Jean-Pierre, 15 ans également, et Bernard, pas tout à fait 14 ans Et comme décor, la Seconde Guerre et l'occupation allemande...

Une question me vient à l'esprit, ce Xavier est-il le même que celui qui s'est illustré au Hohlandbourg ? Faisons un bref calcul : 15 ans en 1943, cela fait 11 ou 12 ans en 1939. Peut-être un peu jeune, mais qui sait... Ce qui est certain, c'est que Jean-Pierre faisait partie de ce camp d'Alsace de 1939 (voir extrait ci-dessous)... Alors, pourquoi pas Xavier ?

Repères géographiques : (voir la carte - 197 ko)
la Schlucht, le Hohneck, Spitzenfels, ruisseau de Nisslematt, Keltenborn, route de Soultzeren à Orbey et Colmar, col de Wettstein

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(extrait, page 63)
[Xavier] entrouvrit alors son blouson, souleva son chandail et, délicatement, sortit les couleurs de la France. Talons joints, les deux autres s'étaient figés. Ils regardaient intensément les moindres gestes de leur compagnon. Tenant les couleurs un instant sous son menton, celui-ci tira de la poche de son blouson une petite torche de cire et un bâton. Il les assembla, gratta une allumette : la mèche s'enflamma et au bout d'une petite minute, une belle lueur jaillit. Xavier tendit la torche à Jean-Pierre qui la saisit calmement et l'inclina, le bâton fiché dans sa ceinture, comme il le faisait jadis dans les grandes cérémonies de l'avant-guerre, comme il l'avait fait le 14 juillet 1939, sur le Hohnack.
- France toujours... murmura Xavier.
- Prêts ! répondirent les deux autres

La poulie cria à nouveai. Lentement les trois couleurs montèrent et s'immobilisèrent là-haut sur un champ d'étoiles merveilleusement frappé à l'airain du ciel. Xavier fixa la corde et se rangea aux cotés de ses compagnons immobiles. Le corps très droit, émus comme ils ne l'avaient jamais été, ils demeurèrent quelques minutes dans le silence.

édition de 1946 - page 176
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