La vie de Pierre Joubert (1)
d'après "Souvenirs en vrac"
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La vie de Pierre Joubert

Pierre Joubert est né à Paris , sur la place Saint-André-des-Arts en 1910. Sa mère tient une boutique d'herboristerie, son père est représentant en produits pharmaceutiques.

Il ne voit pas grand choses de la guerre de 1914, pendant la quelle il est chez son oncle Théodore. A la fin de l'année 1917, son frère de six ans son aîné, meurt de la grippe espagnole.

Après s'être fait renvoyé de différents collèges (où il apprend néanmoins à aimer l'histoire), notemment à cause des dessins qu'il faisait sur ses cours, il rentre à l'Ecole des Arts Appliqués. Là, il fait la connaissance d'un scout, ce qui va être l'élément déterminant de sa vie.

C'est un dimanche matin de 1924 (à 14 ans) qu'il fait sa première sortie scoute : il se retrouve parmis les patrouilles de l'Hirondelle, de la Gazelle, et du Tigre. Le 12 novembre 1925, vers 10h30, en forêt de Meudon, lorsque le chef annonce "un trésor est caché dans la région", il ressent réellement la vocation scoute. Il est alors novice à la Troupe Charles-de-Foucauld, XVI° Paris, district de Paris-Centre. A son second camp dans les Pyrénées, il est Chef de Patrouille.

Son premier Jamborée est celui de Birhenhead (près de Liverpool) en 1929. Il était aussi à Gelenzang, en Hollande, en 1937.

Il sort de l'Ecole des Arts Appliqués à 17 ans. Il débute comme illustrateur à l'Illustration. Il effectue son service militaire au 158° régiment d'infanterie (Strasbourg). C'est là qu'il fait la connaissance du père de celui qui sera connu sous le nom de Serge Dalens.

En septembre 1927, lors d'un camp école à Chamarande, Paul Coze, en examinant un de ses carnets de croquis, lui propose d'illustrer la revue Le Scout de France. Il est rapidement embauché comme dessinateur.

Par ses illustrations, Pierre Joubert influe fortement sur le style scout : disparition du bâton, raccourcissement des culottes, disparition du chapeau (porté jusqu'au Jamborée de Moisson), disparition des cordellières, fourragères, sifflets, boussoles, poignards et autres ustensils encombrants.En fait, il redefini progressivement l'uniforme scout...

La revue Scout était agrémentée d'histoires, de nouvelles... Les auteurs de celles-ci créent peu à peu ce qui deviendra le "Roman Scout" afin de toucher un plus large public. C'est ainsi que débutèrent Jacques Michel, Pierre Delsuc, Guy de Larigaudie et bien d'autres. C'est avec le Signe de Piste (aux éditions Alsatia Paris )que le roman scout s'imposa (à partir de 1937-1938). Le logo et le nom de cette collection furent trouvés par Pierre Joubert. Celui-ci, avec Serge Dalens, eut un rôle fondamental dans cette innovation.

En 1939, Pierre Joubert est mobilisé en Alsace. Après avoir vécu de nombreuses péripéties, il s'évade d'un train nazi et retourne chez lui, à Paris. Sa Troupe (il est alors Chef de Troupe à la 51° Paris) reprend les activités malgré l'interdiction allemande. Il passe ensuite en zone sud afin de reprendre son travail d'illustrateur scout (le siège du Scoutisme a été installé à Vichy).

A la demande de ses supérieurs, il revoit complétement l'uniforme (le résultat est proche de l'actuel uniforme des Guides et Scouts d'Europe), l'insigne (croix potencée et lys actuels), l'étendard (vert, surmonté d'une croix blanche, la croix potencée et le lys rouges au coeur, le blason de la ville sur chaque branche de la croix, le nom de la troupe dans le coin supérieur gauche...).

Entre temps, il se marie avec une cheftaine, Renée, à Saint-Germain-sur-l'Arbresle. Il a un premier fils, Jean-Noël, le 23 septembre 1942 et un deuxième juste avant la libération.

A la fin de la guerre, le siège du Scoutisme se réinstalle à Paris. Pierre Joubert reprend sa collaboration à Scout, dont Jean-Louis Foncine devient rédacteur en chef. Durant le Jamborée de la Paix, en 1947, il illustre le journal Jamborée-France.

Pierre Joubert décède le lundi 14 janvier 2002, à La Rochelle, à l'âge de 91 ans.




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